Tour d’horizon de la myofasciite à macrophages

La myofasciite à macrophages, ou MFM, est une maladie encore peu connue et dont l’existence et les causes sont au centre d’une énorme polémique.

Tâchons d’en faire un tour d’horizon selon ce que nous en savons en 2019.

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Un peu d’histoire sur la myofasciite à macrophage et sa découverte

Le premier cas de myofasciite à macrophage fut diagnostiqué en 1993 par le docteur Coquet, au CHU de Bordeaux, après une biopsie sur un patient souffrant de douleurs musculaires ne pouvant être expliquées.

Cette biopsie qui devait être un examen de routine pour diagnostiquer une maladie de type neuromusculaire, comme une myopathie, a révélé des résultats surprenants : des lésions inhabituelles et non identifiées dans le muscle du patient ont été découvertes.

Après plusieurs mois, un second cas a pu être observé, à Créteil cette fois, par le docteur Gherardi.

Ce n’est que 5 années après ces premiers cas, en 1998, que la nature de ces lésions sera identifiée, par le docteur Philippe Moretto.

En effet, il identifie l’hydroxyde d’aluminium absorbé par le muscle et capturé dans des macrophages comme étant la cause des douleurs, et donc de la maladie.

Il identifia aussi l’une des causes possibles comme étant un vaccin reçu quelques années auparavant par le patient.

La maladie fera alors l’objet de plusieurs études et travaux scientifiques entre 1998 et 2001 afin de déterminer la cause exacte de celle-ci, qui se révélera être l’absorption d’hydroxyde d’aluminium, comme le docteur Moretto l’affirmait.

Cet hydroxyde étant principalement trouvable dans certains vaccins, ils furent remis en cause par les chercheurs et pointés comme étant la source la plus probable de la maladie.

Cependant, les résultats de ces travaux restent contestés, même aujourd’hui, surtout en ce qui concerne l’implication des vaccins dans le développement de la myofasciite, qui est néanmoins une maladie plus que réelle.

Des associations et certains chercheurs se battent d’ailleurs pour la reconnaissance de cette maladie et pour la recherche d’un traitement ainsi que d’alternatives pour les vaccins contenant de l’aluminium.

Qu’est-ce que la myofasciite à macrophages?

La myofasciite à macrophages est une maladie rare en France, qui, à l’image du syndrome de Sapho, peine à être reconnue et qui cause des lésions musculaires et endommage les fibres musculaires avoisinantes, mais sans créer une nécrose.

« infiltration centripète de l’épimysium, du périmysium et de l’endomysium périfasciculaire par des cellules négatives à la réaction acide periodique de Schiff (PAS) appartenant à la lignée macrophagique et porteuses d’inclusions cristallines osmiophiles » – Wikipédia

Elle peut toucher n’importe qui, même des personnes en très bonne santé.

La maladie se caractérise principalement par des douleurs musculaires et un état de fatigue permanent, mais beaucoup d’autres symptômes peuvent s’y ajouter, comme vous pourrez le voir un peu plus loin.

Quelles en sont les causes?

Comme dit précédemment, la maladie et ses causes ne sont pas encore reconnues de manière officielle.

Cependant, les recherches ont conclu que l’apparition de la maladie serait due à la présence d’hydroxydes d’aluminium dans l’organisme, notamment après l’injection par voie intramusculaire de certains vaccins en contenant.

Revient aussi souvent sur le tapis un phénomène appelé sensibilisation centrale. Quand ce dernier se produit, le cerveau d’une personne reste en état d’alerte élevée, percevant les sensations normales comme des stimuli “douloureux” ou légèrement douloureux comme étant très douloureux.

Outre l’altération du traitement de la douleur dans le système nerveux, des facteurs génétiques et environnementaux comme les troubles du sommeil ou le stress peuvent contribuer au développement de la myofascioite.

Une blessure musculaire résultant d’activités répétitives intenses ou d’un autre type de traumatisme peut être un déclencheur.

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Qui est touché et quand?

Généralement les adultes, sans distinction de genre et d’âge, après une vaccination faite au niveau du deltoïde (muscle de l’épaule), et ce dans les 10 années suivants la dite vaccination.

Il est aussi possible que la maladie touche des enfants ayant reçu un vaccin contenant de l’aluminium en injection dans le quadriceps, mais c’est plus rare.

Quels sont les symptômes observables?

Malheureusement, il est difficile de déceler la myofasciite à macrophages, car ses symptômes sont souvent similaires à d’autres maladies ou à des états de fatigue extrême, mais aussi car ils peuvent être très variables et ne sont pas les mêmes chez tous les patients.

La douleur musculaire laisse parfois penser à une fibromyalgie. Bien que les deux pathologies se ressemblent, elles se distinguent facilement par des antécédents médicaux et un examen physique minutieux (un bon diagnostic est la clé pour aller de l’avant avec un plan de traitement efficace).

Néanmoins, voici les principaux symptômes de la maladie :

  • Douleurs musculaires (myalgies), tout d’abord dans la zone de vaccination puis des douleurs plus étendues.
  • Douleurs articulaires (arthralgie)
  • Fièvre légère à modérée
  • Douleurs dans la colonne vertébrale
  • Fatigue chronique et troubles du sommeil
  • Troubles cognitifs, c’est-à-dire des troubles de l’attention, incapacité à se concentrer longuement, diminution des performances aussi bien intellectuelles que cognitives, etc.
  • Problèmes de mémoire
  • Intestin irritable (p. ex. constipation ou diarrhée)
  • Dépression et anxiété
  • Aggravation des symptômes due au stress, aux changements/extrêmes de température et à l’activité physique.

Certains autres symptômes, plus rares et plus tardifs, peuvent aussi être éprouvés, tels que :

  • Des difficultés respiratoires
  • Des troubles de l’humeur et autres troubles d’ordre psychologique
  • Des maux de tête
  • Des perturbations digestives
  • Le syndrome des jambes sans repos
  • Des troubles d’élocution

Et la liste peut encore être longue, c’est pour vous dire à quel point cette maladie peut être polymorphe et pourquoi elle est difficile à diagnostiquer sans examen clinique (biopsie), ou est souvent confondue avec des états grippaux, des fatigues intenses, etc.

Diagnostiquer la maladie

Il y a 3 examens médicaux à passer afin de détecter une éventuelle myofasciite à macrophages et de pouvoir ensuite la diagnostiquer sans erreur.

La prise de sang

La prise de sang

La prise de sang peut révéler des anomalies qui permettent de soupçonner une myofasciite à macrophage.

Si vous avez des doutes, vous pouvez en parler avec votre médecin et demander des analyses sanguines un peu plus poussées.

Lorsque vos résultats arrivent, si vous souffrez de cette maladie, vous aurez très probablement les anomalies suivantes :

  • Les enzymes musculaires, ou CPK, seront supérieures à 200 UI/l
  • La CRP, aussi appelée protéine C réactive, sera supérieure à 0.8 mg
  • Enfin, la vitesse de sédimentation sera supérieure à 40 mm.

Le médecin pourra alors analyser ces résultats et le reste de la prise de sang afin de décider de prescrire ou non une biopsie du deltoïde ou du quadriceps.

Une biopsie

Cet examen est celui qui déterminera si vous êtes atteint ou non de la myofasciite à macrophages.

Une biopsie est un examen consistant à prélever une partie minime d’un muscle ou d’un organe afin de pouvoir l’analyser et effectuer divers examens pour y rechercher une anomalie, dans ce cas-ci, des lésions et la présence d’hydroxyde d’aluminium.

Chez l’adulte, les vaccins intramusculaires se font principalement dans le deltoïde.

Il est donc tout à fait normal de viser cette zone lors de la biopsie.

Chez un enfant cependant, si une biopsie est préconisée, elle se fera au niveau du quadriceps.

Une biopsie
IRM

L’IRM

Une IRM, ou Imagerie par Résonance Magnétique, de la zone du deltoïde ou du quadriceps permettra de confirmer le premier avis obtenu après la biopsie, et permettra donc de confirmer le diagnostique d’une MFM ou non.

Quel est le traitement contre la myofasciite à macrophages?

Il n’y a pas encore de véritable traitement pour soigner cette maladie, et c’est notamment dû à sa rareté et le fait qu’elle ne soit pas encore entièrement reconnue.

Néanmoins, des essais de traitements à base de corticoïdes, associés à des antibiotiques, permettent parfois d’améliorer l’état du patient, cependant ce mélange n’est pas encore au point et ne permet pas une guérison complète.

En plus de ces traitements à l’essai, vous pouvez aussi faire une cure de vitamine B2 et de vitamine E, afin de vous donner de l’énergie, de vous protéger contre les effets toxiques des métaux lourds, mais aussi afin de protéger votre système nerveux.

Certaines disciplines complémentaires pourront être envisagées, comme la kinésithérapie ou l’ostéopathie

Quoi qu’il en soit, il est important de limiter l’automédication et d’aller consulter.

Vivre avec la MFM

Vivre avec cette maladie est possible, mais demande quelques adaptations afin de ne pas rapidement vous retrouver dans un état d’épuisement total. 

La première chose à faire, c’est donc d’adapter vos habitudes et vos activités sociales et physiques (optez pour des activité physiques douces), sans pour autant les stopper totalement.

Si vous aviez l’habitude de faire du sport, consultez votre médecin pour voir avec lui s’il y a des sports que vous pourriez encore pratiquer, par exemple la natation.

De plus, si vous en avez l’occasion, adaptez votre travail, diminuez les efforts physiques et évitez de porter des charges plus ou moins lourdes.

Ensuite, entourez-vous de vos proches si vous le pouvez. Ils pourront ainsi vous soutenir et vous aider à trouver un équilibre qui vous conviendra. Vous devez vous trouver un soutien psychologique pour mieux appréhender les douleurs chroniques.

Il y a aussi plusieurs associations de personnes atteintes de cette maladie, dont l’association E3M.

Vous pourrez probablement y trouver une certaine aide, mais aussi des personnes à qui parler et qui vous comprendront et vous indiqueront peut-être plusieurs pistes pour améliorer votre quotidien.

Un autre aspect important est l’accompagnement médical.

En effet, en plus du traitement à la cortisone et des antibiotiques, surtout là pour limiter les douleurs et améliorer votre vie au quotidien, vous pouvez vous tourner vers votre médecin pour vous accompagner et vous prescrire de quoi limiter au mieux la douleur et les symptômes.

Vous pouvez aussi penser à des soins de kinésithérapie, des massages et cures thermales afin de limiter et soulager vos douleurs musculaires et articulaires.

De plus, si vous en avez la possibilité, il existe un hôpital qui prend en charge les patients atteints de myofasciite : l’hôpital Henri Mondor de Créteil.

Enfin, aménager un peu votre domicile, par exemple en trouvant un moyen d’éviter des escaliers ou en facilitant la montée, peut s’avérer nécessaire si les douleurs sont trop importantes et vous empêchent de vous déplacer comme vous le souhaitez.